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jeudi 24 mai 2012   
 Actualités des régions

 

Agadez : en attendant les pluies  

Elle a connu des inondations ces dernières années : 2007, 2009 et 2010. Parfois meurtrières et causant d’importants dégâts comme en 2009. Et parce qu’elle ne veut plus être surprise et connaître le même sort en 2011, la région d’Agadez veut prendre soin de ces digues et barrages abîmés par les inondations antérieures. Certains de ces ouvrages comme la digue d’Ingall, le Kori inhazemadaran et le barrage de Tiguirwit attendent toujours d’être remis à flot.

Ainsi les travaux de la réhabilitation de la digue d’Ingall qui a été endommagée suite aux inondations survenues en 2010 devraient avoir démarré à la fin du mois de mars. Ces travaux devraient consister à la construction d’une digue de protection des berges de 350 ml en gabions et à la réalisation de trois épis de rejet en gabions avec comme objectifs de protéger la ville et ses exploitations agricoles pour un montant de 65.543.353 F CFA. Le Programme d’Appui à la Décentralisation et au Développement Local dans la Région d’Agadez (PADDL/AZ) a accepté d’assurer 90% soit 58.989.018 FCFA de ce financement et le Consortium ONG GASSAR et ADS/ITIHAD assurera les 10% soit 6 554 335 F CFA. Les travaux bénéficieront de l’encadrement technique de la Direction Régionale du Génie Rural d’Agadez (DRGR/AZ).

Les travaux de dégagement des obstacles à l’écoulement, désensablement et la construction des murets de protection des 2 berges de du kori Irhazermadaran qui devraient être réalisés avant la saison des pluies attendent toujours un financement.

L’obstruction du lit mineur du Kori Irhazermadar qui traverse la ville d’Agadez avait aggravé les inondations de 2009. Des inondations qui avaient occasionné d’importants dégâts matériels, dont la destruction des habitations et causé des pertes en vies humaines. A l’époque, une étude topographique, commandée par le comité ad hoc de gestion de l’inondation avait conduit à une matérialisation de la limite stricte du lit du kori Irhazermadar au moyen des balises en béton armé. La délimitation devait permettre de déterminer les habitants à recaser mais aussi de marquer la limite dangereuse d’habitation. Beaucoup d’habitations implantées dans le lit mineur du kori en empêchent l’écoulement normal, favorisant de ce fait un débordement vers des zones inattendues. Le charriage du kori a également favorisé le débordement. Le comité a donc décidé de dégager tout obstacle : habitations en ruine ou pas, des contre pentes, arbres, etc.… se situant dans le Kori Irhazermadar (partie ville d’Agadez).

Le gouverneur de la région d’Agadez instruira le Directeur Régional du Génie Rural d’Agadez de monter un dossier d’exécution des travaux en gardant à l’idée tous les scenarios possibles. Cela fut fait pour un montant estimé 1 353 063 075 FCFA.

Le projet attend toujours d’être financé. Le gouverneur de la région d’Agadez, qui a plusieurs fois visité les différents sites l’a pourtant transmis au ministre de l’équipement lors d’une visite à Agadez.
Le barrage de Tiguirwit lui, réalisé dans les années 70, avait pour objectifs de protéger la population du village de Tiguirwit, et la vallée de l’Irhazer et ses installations (périmètres irrigués, forages, cultures, etc.) à l’aval du village de Tiguirwit contre un ravinement Il visait également à promouvoir les activités agro pastorales dans l’Irhazer, protéger la route nationale Tahoua-Arlit (RTA), réinstaurer et améliorer un environnement local favorable à l’épanouissement de la biodiversité.

Il ne résistera pas aux inondations de 2009. Les flots emportaient une partie de la route nationale Tahoua-Arlit, endommageant les puits maraichers et villageois se trouvant en aval, ravinant la vallée de l’Irhazer et détruisant les boutiques, magasins et habitations se situant dans la vallée. La Direction Régionale du Génie Rural d’Agadez avec l’appui de la Direction Générale du Génie Rural de Niamey ont procédé immédiatement à un diagnostic de proximité et une estimation des travaux de la reconstruction de l’ouvrage. A l’époque il était question soit de réhabiliter la digue à titre d’urgence à 123.000.000 FCFA, soit de reconstruire le barrage à 2.962.768.800 FCFA.

Pour autant, l’état présent de l’ouvrage ne serait pas de nature à sécuriser la vallée de l’Irhazer et ses installations ainsi que la RTA. En effet, les travaux de confortation entrepris par les services des travaux publics ne garantiraient aucune stabilité de l’ouvrage.

Diffa : Les revenus des producteurs de poivrons sont à la baisse  

Culture de rente, le poivron est la principale source de revenus des agriculteurs de la vallée de la Komadougou dans la région de Diffa. Le poivron est cultivé sur une bande de 150km et sur une superficie de 7.300ha le long des rives de la Komadougou. Les revenus tirés de la vente des récoltes font vivre 25.000 voire 30.000 agriculteurs en leur permettant de s’acheter des céréales, dans une région dont la production est structurellement déficitaire.

En 2009, la Direction Régionale de l’Agriculture de Diffa a estimé le rendement à 17t/ha à raison d’une récolte de 126.000t Au cours de la présente campagne 2010 – 2011, le poivron est particulièrement touché par des ennemis de culture encore non identifiés qui, selon les producteurs, ne seraient ni des araignées rouges (elles avaient fait des ravages en 2009 – 2010), ni des pucerons pourtant très présents et néfastes durant cette campagne. Cette maladie qui n’est pas spécifique au poivron -laitues, choux, aubergines, courges sont également touchées à des degrés divers- se manifeste par un desséchement de la feuille du poivron causé par la destruction de la racine. Les producteurs ne pouvant désormais faire que trois récoltes au maximum ; la baisse du rendement à l’hectare entraîne automatiquement la baisse des revenus.

Aussitôt alertée, la Direction générale de Protection des végétaux a dépêché le 5 mars 2011, une mission de phytopathologistes chargée de faire des prélèvements afin d’identifier la mystérieuse maladie. Bagalé Ousmane, du village de Kayowa, avait produit plus de 150 sacs de 17kg de poivron séché en quatre récoltes la saison dernière. Avec trois récoltes cette saison, son champ de 2,9ha n’a pu produire que 80 sacs malgré un usage intensif d’engrais de toutes catégories (urée et DAP).

L’arrêt de la production à la troisième récolte empêche les producteurs comme Bagalé Ousmane d’obtenir un revenu significatif. Ainsi ils ne peuvent que rembourser les crédits contractés. Dans ces conditions, les producteurs seront toujours maintenus dans un système de dépendance vis-à-vis des prêteurs (commerçants, mutuelles privés etc.). La Chambre Régionale d’Agriculture de Diffa, le Bureau de Coordination des Affaires Humanitaires (OCHA) et la Direction régionale de la Protection des végétaux ont accompagné cette mission dans les localités de Boulongouri et Kayowa. Les producteurs attendent maintenant les résultats des analyses avec impatience.

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